site editeurlogo pdf lire ce texte 

 

Rudolf Steiner : Extrait d'une conférence du 26 mars 1923 "Pédagogie et morale"

Livre : L'art éducatif - Imagination créatrice dans l'enseignement

Éditions Anthroposophiques Romandes 1998

[...] si on veut s'adresser au moyen de l'art à la sensibilité artistique de l'enfant, il faut déjà s'intéresser à considérer chaque enfant dans son individualité. Il faut vouloir observer comment tel enfant ou tel autre s'exprime, justement par rapport à son appréhension artistique du monde. Mais pour ce qui est du développement progressif de la nature morale, il faut être capable - grâce à un subtil don d'observation et un profond intérêt psychologique - de mettre au service de ce qu'apporte chaque enfant individuellement ce qu'on a appris, d'une manière générale, quant à l'essence de la nature humaine. C'est seulement à titre individuel que l'on peut s'adresser à la nature morale de chaque enfant. Mais il y a encore une autre difficulté en ce qui concerne l'éducation morale. Elle réside dans le fait que la nature morale de l'homme n'existe qu'à partir du moment où, jaillie du plus profond de lui-même, elle le fait naître en tant qu'être libre.

Cela exige avant tout, de la part de l'éducateur, la capacité d'orienter l'éducation morale de telle sorte que l'être humain, une fois dépassé le stade de l'éducation, sous tous les aspects de ce qu'il vit, de tout ce qu'il éprouve, se considère comme un être totalement libre. Nous n'avons pas le droit de déposer, sur le chemin de l'être en devenir, le surplus des préceptes que nous voulons personnellement fixer au monde, le surplus de ce que nous considérons personnellement comme particulièrement sympathique ou antipathique, mettant l'enfant dans l'obligation d'endosser nos propres conceptions morales, nos propres impulsions morales, notre propre sens moral. A cet égard précisément, nous devons installer l'enfant totalement dans sa propre liberté. Cela exige, précisément pour l'éducation morale, une abnégation et un détachement sans limite de la part de celui qui éduque et qui enseigne. Et l'on n'a pas non plus l'occasion, comme c'est le cas pour d'autres domaines - ceux de la connaissance ou de l'art par exemple - de traiter le domaine moral comme une discipline particulière; cela resterait d'ailleurs sans grand effet. Il faut introduire l'élément moral dans tout l'enseignement, dans toute la pratique enseignante et éducative.[...]

 

 

Informations supplémentaires