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Extraits du livre "La théorie de connaissance chez Goethe" - Pages 60 - 61

 

Éditions Anthroposophiques Romandes 2000 - Traduction Raymond Burlotte

 

[..] On ne cherche presque jamais à parcourir le royaume des pensées à l'intérieur de son domaine propre, pour voir ce qui en résulte.

Nous voulons maintenant explorer ce royaume comme s'il n'y avait plus rien au-delà de ses frontières, comme si le penser était toute la réalité. Nous faisons abstraction, pour un moment, de tout le reste du monde.

Dans les tentatives épistémologiques qui s'appuient sur Kant, on a omis de le faire et cette omission est devenue fatale pour la science. Elle l'a poussée dans une direction totalement opposée à la nôtre. Cette orientation scientifique ne peut pas, de par sa nature même, comprendre Goethe. Il est non-goethéen, au plein sens du mot, de partir d'une affirmation que l'on ne trouve pas donnée dans l'observation, mais que l'on introduit soi-même dans ce que l'on observe. Or, c'est ce que l'on fait quand on place au départ de la science le rapport en question entre penser et réalité, entre idée et monde. On agit dans le sens de Goethe seulement si l'on se plonge dans la nature propre du penser lui-même et qu'ensuite on regarde quel rapport s'instaure, lorsque ce penser que l'on a reconnu dans son essence est mis en relation avec l'expérience.

Goethe suit toujours le chemin de l'expérience au sens le plus strict. Il prend d'abord les objets comme ils sont et cherche à pénétrer leur nature en écartant totalement toute opinion subjective; puis il établit les conditions qui permettent aux objets d'entrer en interaction et il attend ce qui en résulte. Goethe cherche, en provoquant certaines circonstances, tout spécialement caractéristiques, à offrir à la nature l'occasion de mettre en valeur les lois qui la régissent, de les exprimer elle-même, en quelque sorte. [..]

 

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